Découverte et invention

3 09 2009

J’entends ou je lis souvent que Samuel Hahnemann inventa l’homéopathie. Non, non et non! Hahnemann n’inventa pas l’homéopathie et l’homéopathie ne fut pas inventée par Hahnemann. Il ne s’agit pas d’une invention mais d’une découverte.

Confondre les deux termes est inacceptable de la part des critiques. cela démontre une ignorance ou pire encore, une malhonnêteté : on peut interpréter facilement le mot invention par son synonyme péjoratif : affabulation, mensonge. Ce qui, par ailleurs, doit-on l’avouer, pourrait être une technique très subtile pour dévaloriser un peu plus l’homéopathie…

Où est la différence ?

On découvre quelque chose qui préexistait mais qui était caché à la connaissance, on invente quelque chose qui n’existait pas jusqu’alors. L’invention se rapporte à une nouvelle technique ou à une nouvelle méthode pour résoudre un problème technologique. Les inventions sont donc des outils, qu’ils soient intellectuels ou matériels. Le pétrole est une découverte, le moteur à explosion est une invention, la loi de la gravité est une découverte, la fusée (pour échapper à la loi de la gravité) est une invention.

Les découvertes font partie du domaine des connaissances, scientifiques ou non.

Les inventions font partie du domaine des techniques, des technologies, elles sont exclusivement des outils, des moyens, des méthodes nouvelles permettant de résoudre une difficulté technique, ou pour parvenir à une fin. En philosophie on parlerait d’acte théléologique.

Enfin l’invention est basée sur un acte volontaire de chercher quelque chose de nouveau ou qui améliore une situation donnée. La découverte est généralement fortuite, fruit du hasard ou de l’intuition, elle n’est pas à priori un acte volontaire.

Et l’homéopathie ?

L’homéopathie se base sur deux principes découverts par Hahnemann.

Découverte d’abord d’un principe fondamental : la loi de similitude à la fin du XVIIIème sècle, puis d’un deuxième principe, celui des doses infinitésimales, et ce, trente ans plus tard. L’histoire est claire à ce sujet, ni pour le premier, ni pour le deuxième principe, Hahnemann n’a rien fait d’autre que de découvrir deux lois qui, par l’expérimentation et leur application en thérapeutique, ont prouvées leur validité.

On se moque de l’homéopathie à cause des “doses infinitésimales”, l’absence de “principe actif” dans les globules. Encore une ignorance ou un aveuglement ? Les détracteurs savent-ils au moins que pendant trente ans, Hahnemann et ses élèves utilisaient des doses pondérables, certes très faibles pour l’époque, mais qui aujourd’hui paraîtraient fort grossières en face des dosages utilisés dans la pharmacopée moderne (qu’il s’agissent d’antibiotiques, d’antiinflammatoires, de cardiotoniques ou d’antihypertenseurs).

Les dosages des médicaments modernes auraient très certainement été qualifiés de doses infinitésimales par les homéopathes du début du XIXème siècle.