Que peut vous apporter cette méthode de traitement ?
Les homéopathes s’entendent souvent cette question : “est-ce que l’homéopathie soigne ….?” en plaçant alors sur les trois points le nom de la maladie ou du symptôme qui vous vient à l’esprit…
Mais c’est une mauvaise question. En effet, on croit que l’homéopathie agit de la même façon que la médecine classique allopathique. Pas du tout.
D’abord comment agit le médicament allopathique ?
C’est une molécule dirigée contre un tissu-cible et plus précisément contre une molécule-cible. Cela signifie par exemple qu’un antibiotique est destiné à atteindre une bactérie, un anti-inflammatoire agit en se dirigeant vers des cellules qui libèrent des protéines de l’inflammation.
L’un des problèmes liés à l’absorption de substances iatrogènes est le suivant : la libération des molécules du médicament à l’intérieur de l’organisme se fait de façon aléatoire et d’autres tissus vont subir l’action de ces molécules, créant ce qu’on appelle des effets indésirables ou secondaires.
En homéopathie, l’action est nécessairement différente puisqu’il n’y a plus assez de substance active dans le remède hoémopathique pour proposer le modèle biochimique classique. Il faut donc concevoir l’action du remède homéopathique avec d’autres outils et actuellement la recherche se tourne vers d’autres modèles descriptifs.
Mon propos ici n’est pas de developper ces modèles expérimentaux mais de proposer une explication facile à comprendre. Ainsi, on peut comprendre l’action de l’homéopathie en prenant comme base le modèle informationnel : le médicament n’agit pas sur le modèle molécule-récepteur selon la théorie biochimique, mais plutôt sur le modèle “information” comme celui de la cibernétique.
L’information n’est ni matière, ni énergie, mais un langage qui permet une mise en relation entre deux éléments afin d’en modifier au moins un dans sa structure ou dans son action.
Ainsi, on peut modéliser l’action de la façon suivante : le remède homéopathique agit comme une information, parallèle à l’information de la maladie ; plus précisément, il induit sur l’organisme une information similaire à celle produite par l’agent morbide.
Cette action “d’informer” va engendrer une réaction de l’organisme qui va alors réagir à la fois sur l’information leurre du remède et sur l’information mécanique/biochimique de la maladie.
Cela nous conduit à une autre façon de voir les phénomènes morbides et à comprendre
pourquoi l’homéopathie ne soigne pas une maladie mais un malade. On ne soigne pas une angine, une gastro-entérite, une anxiété, un lumbago car on s’interesse avant tout au mode réactionnel du malade devant un phénomène mobide…
Si l’homéopathe arrive à relever les “bons” symptômes c’est-à-dire ceux qui “particularisent” le patient, ceux qui lui sont propres, alors l’homéopathe pourra soigner l’angine, le lumbago ou l’anxiété…
Prenons deux exemples concrets :
1) cas d’une angine aigue :
Deux patients se présentent à une consultation : pour une angine. la dégutition est douloureuse
l’observation de la gorge montre une rougeur du pharynx, la palpation revèle quelques adénopathies bilatérales indolores, l’ausculation pulmonaire est normale, l’examen cutané ne révèle pas de pétéchies;
à l’interrogatoire il existe un petit fébricule avec frissonnement, une rhinorrée jaune abondante le matin, une toux sèche, pas de céphalée…
en allopathie que va faire le médecin ?
En fonction du contexte général, et eventuellement d’un écouvillonage de la gorge, il prescrira un antiinflammatoire, collutoire, antipyrétique (et antibiotique, s’il suspecte une angine à streptocoque) et ce dans les deux cas.
En homéopathie, le médecin après avoir fait l’examen clinique identique, interrroge le patient sur les modalités de l’angine :
- le premier patient ressent une douleur piquante améliorée par des boissons chaudes et aggravée en position allongée. Il désir être chaudement couvert.
- le deuxième patient ressent une sensation de brûlure améliorée par des boissons froides et aggravée. Bizarement, il est mieux dehors à l’air frais.
Ainsi, parce que les modalités réactionnelles sont totalement différentes, chaque patient aura donc un remède différent.
Enfin, si l’homéopathe ne saisit pas correctement les modalités réactionnelles du malade, le traitement échouera…
On voit donc que l’évaluation est totalement différente entre allopathie et homéopathie : la guérison en homéopathie repose non plus sur l’efficacité du médicament mais sur la compétence du médecin qui arrivera ou non, à mettre en valeur les symptômes qui caractérisent le patient au moment où il vient consulter !
2) cas d’un trouble anxieux chronique :