Ma fille a trois ans, elle est redoutable surtout quand elle fait des laryngites…
Elle en fait depuis l’age d’un an… les laryngites surviennent souvent après un changement de temps, une exposition à un vent fort, après avoir transpiré dans de “mauvaises conditions”….
Bref! Tout cela m’ennuie d’autant plus que ces laryngites à répétitions, bien qu’elles ne soient pas si fréquentes que ça, sont violentes et en tant que thérapeute, je me posent des questions… Je sais, puisque je suis homéopathe, qu’elles sont les signes d’une “maladie chronique” et si je n’ai pas le remède constitutionnel, ces laryngites continueront à me donner des sueurs froides.
Il est 20 heures, je travaille encore et je reçois un coup de fil de mon épouse qui me dit que “Gap a encore cette toux bizarre, comme un chien qui aboit”
“ok, lui réponds-je, donne lui du Célestène, je n’ai pas le temps de te proposer un remède, je suis en consultation… 150 gouttes dans un peu d’eau…”
En plus, je sais que le Celestène la rassure… face à l’incertitude des médicaments homéopathiques !
Je rentre à la maison deux heures plus tard vers 22 heures, et je vais voir ma fille endormie. Elle est calme mais respire avec un gros “ronflement” venant du larynx… Mmmmm….
Une heure plus tard vers 23 heures 30, j’entends ma fille qui se met à tousser, mais vous savez, cette toux atroce des enfants qui respirent mal et qui fait remonter du ventre toute l’angoisse des parents pour leur enfant. Oui ! Elle est là cette toux suffocante, que je redoute, cette toux due à une inflammation de la glotte, gonflée, enflammée, qui laisse à peine l’air rentrer et sortir des poumons.
Ma fille se tient debout, toussant s’en s’arrêter, immobile, vomissant des glaires qui pendent en filaments de sa petite bouche… Visage rouge, chaud, perlant de sueurs…mais pas de fièvre…. Elle fait peine à voir et moi, je sens cette angoisse qui vient du fond du ventre… que tous les parents connaissent quand leur petit garçon ou leur petite fille est malade.
“Ah! Le Célestène n’a en fait rien fait! Elle toussait comme ça quand tu m’as appelé ?”
“Au contraire, me dit mon épouse, ça s’est aggravé!”
Je sais que le Célestène par voie orale met environ une heure avant de bien agir, donc ici, rien, aucun effet sérieux….
Allons! Réfléchissons un peu! Je sais que l’homéo doit agir vite : je considère ici que le remède doit agir dans les cinq à dix minutes.
Je commence par un premier remède : rien ! Un deuxième : rien ! Un troisième : rien non plus ! Que faire ? Son état est vraiment sévère… Cliniquement Gap n’est pas bien. Il n’y a pas encore de signe de lutte avéré mais la respiration abdominale est forcée et rapide, sans vraiment de balancement thoraco-abdominal, les narines sont dilatées mais sans battement des ailes du nez, les muscles respiratoires accessoires ne sont pas encore mis en action. Le pouls est accéléré et fort. Enfin, il n’y a pas de cyanose, mais les doigts sont “rouge fonçé”, le temps de recoloration cutanée est bon… Appeler le Samu? Je ne vois pas ma fille avec une perfusion de corticoïdes, ou pire, intubée! Un quatrième remède ne donne rien non plus ! Je regarde mon épouse et lit dans ses yeux l’incompréhension et l’angoisse. Je ne vaux guère plus !
J’essaye un cinquième remède et là, ça marche : la toux se calme en quelques minutes, Gap respire mieux et s’endort tranquillement. Deux heures plus tard, vers les deux heures du matin, une nouvelle quinte, rapidement calmée par le même remède. C’est donc bien le bon. Puis vers six heures du matin une troisième prise abrège une dernière quinte.
Le lendemain tout le monde est épuisé mais Gap joue comme s’il ne s’était rien passé !
Pur effet placebo ? oui ! c’est cela…. vous avez raison!